Chartres (mars 2006) : Doncoeur en force... surtout la C41
PÈLERINAGE : Voyage individuel ou collectif effectué dans un lieu saint à des fins religieuses et dans un esprit de dévotion.
Par métaphore : Déplacements en longue file.
Voilà ce dont je vais vous parler : un pèlerinage organisé les 11 et 12 mars derniers, pour tous les SUF de Paris (plus Levallois). Le thème de ce pèlerinage ? Etre prêt !
Départ samedi 14h pour les grandes unités (comprenez Troupes et Compagnies) par train spécial à Montparnasse. Rien que la montée dans le train, c'est déjà une épopée : il faut d'abord trouver le quai, puis retrouver son Groupe, ensuite, trouver son unité, et enfin déterminer dans quelle voiture monter. Une fois à bord, il s'agit de trouver une place assise, de préférence ailleurs que sur son sac à dos. Après quelques minutes de grand charivari, le train démarre mais le brouhaha ne cesse pas pour autant. Chacun est affairé à spéculer sur le déroulement du week-end, feuilleter son carnet de pèlerinage, discuter avec ses voisin(e)s, etc.
Mais voilà que le train arrive en gare d'Epernon. Après quelques instants de lutte des scouts (mais pas de Doncoeur) parviennent à ouvrir les portes du compartiment. Déferlement de scouts et guides sur le quai, je vous laisse imaginer la cohue... civilisée, scoutisme oblige ! Petit rassemblement (enfin, tout est relatif...) avec plus de 1200 scouts et guides de Paris pour le lancement du pèlerinage. Après quelques mots de notre cher chef de Groupe (Doncoeur ne passera pas inaperçu !), du délégué régional des SUF et de l'aumônier, nous nous mettons en marche. La longue file de scouts chemine gaiement, tout en devisant, chantant, priant, méditant, le tout à vive allure.
On attrape le goûter offert par les organisateurs, un peu d'eau, et c'est reparti. Le tout sans s'asseoir : il ne s'agit pas de perdre le rythme ! Comme le dit la chanson, "longue est la route qui serpente devant nous, mais nous irons jusqu'au bout !"
Quelques kilomètres plus tard, une courte pause nous permet un temps de repos et de réflexion en unité, guidé par les textes et chants proposés dans le carnet du pèlerinage. Puis nous repartons de plus belle et continuons notre pèlerinage sur les routes de Chartres, dans le vent et la froidure.
Enfin, c'est l'arrivée au lieu de bivouac : Chartainvilliers. Nous récupérons nos tentes, que nous montons à la lumière des lampes de poche et du lampadaire municipal. La tentation est grande de se coucher aussitôt, mais notre ventre nous rappelle à l'ordre, et c'est avec empressement que nous nous dirigeons vers le lieu du dîner : la cour d'une ferme à environ 15-20 minutes de marche. Là-bas, une soupe chaude nous est servie, qui vient compléter les pique-niques que nous avons apportés. Nous récupérons également notre pique-nique du lendemain.
Certaines ont déjà les paupières lourdes après cette journée de marche, mais la fatigue n'aura pas raison de nous : l'appel à la veillée retentit. Nous nous retrouvons donc tous dans une grange pour une veillée préparée (et menée) par le groupe Saint Louis. Chants, bans et musique retentissent tandis que les guides et les scouts se déchainent. Puis le calme revient, et la prière du soir clôt cette première journée de pèlerinage.
Clore la journée ? Pas pour tout le monde... Une veilée d'adoration est en effet proposée aux chefs, cheftaines, guides-ainées, routiers, HP et HE. 1h30 devant le Saint-sacrement, avec des prêtres disponibles pour ceux qui désirent recevoir le sacrement de réconciliation. Magnifique temps d'adoration vécu par tous dans le recueillement et la prière. Malheureusement tout a une fin, et après un chant de louange pour remercier le seigneur de cette journée, de cette adoration, et de tout ce qu'il fait pour nous, chacun rentre à sa tente et ferme les yeux.
Mais le sommeil n'est pas au rendez-vous pour tout le monde : le froid n'aide pas à s'endormir, et la nuit est longue lorsque l'on ne parvient pas à dormir plus d'une heure d'affilée. Cependant, ce n'est pas une baisse nocturne de température qui va entamer notre moral. Réveil à 6h30 (enfin , le temps d'émerger il est plutôt 6h45), rapide pliage des tentes, et nous emportons tout notre matériel vers le lieu du petit déjeuner : toujours la même cour de ferme.
A 8h30 environ, rassemblement pour lancer la deuxième journée de pèlerinage. Après une prière, nous repartons, sac au dos. "Oui nous avons les traits tirés, les pieds poudreux, mais nous sommes courageux !" d'autant plus que nous avons aperçu les flèches de la cathédrale de Chartres peu de temps après le départ. Il nous reste tout de même une bonne dizaine de kilomètres avant d'y parvenir...
Après quelques kilomètres, une pause nous est proposée. Nous en profitons pour méditer en Compagnie l'un des textes du carnet de pèlerinage. Et nous retouvons les petites unités (comprenez Rondes et Meutes) parties de Paris le matin même, ce qui porte notre nombre à 2995 d'après les organisateurs. Les louveteaux et jeannettes ont de l'énergie à revendre, et la suite de la marche est plutôt mouvementée à leurs côtés. Nous ralentissons notre rythme afin de marcher avec eux, et le pèlerinage se poursuit, dans une ambiance différente du fait de la présence des plus jeunes.
Les derniers mètres de montée dans Chartres sont les plus durs car la fatigue physique de la marche, le manque de sommeil, la fatigue psychologique de la réflexion et de l'énergie des plus jeunes nous ont épuisés. Nous serrons les dents et continuons jusqu'au lycée Notre-Dame, souriant et chantant dans les difficultés. Là, nous nous posons et avalons rapidement notre pique-nique car tous ces efforts nous ont ouvert l'appétit.
Après le déjeuner, rassemblement mythique avec toutes les unités, structuré à la mode Doncoeur (les Troupes au fond, les louveteaux devant, etc.). A la fin du rassemblement, les unités sont appelées une à une pour monter en procession jusqu'à la cathédrale. Comme d'habitude, les scouts de Doncoeur se font remarquer pour leur marche en ordre régulier, à un rythme soutenu... un défilé en bonne et due forme.
Chacun se tait en entrant dans la cathédrale, émerveillé par la beauté des lieux, la ferveur qui y règne ou je ne sais quoi que lui seul a perçu. Une fois tout le monde en place, les étendards font leur entrée (et l'on remarque bien les deus seuls étendards bleu-marine : ceux des Compagnies du Groupe Doncoeur) suivis des enfants de choeur puis des prêtres. La messe est magnifique, dynamique et l'on ne voit pas le temps passer.
Mais voici que s'annonce la fin du pèlerinage, et c'est l'heure de récupérer tentes et sacs pour monter dans les cars. Malgré la fatigue, personne ne s'endort et chacune chante à pleins poumons durant tout le trajet. Ambiance assurée avec la Compagnie 41 ! "Quand la 41 se met à chanter..."
Le car arrive à Sainte Odile, nous déchargeons les tentes et profitons de ces derniers moments ensemble pour un superbe rassemblement. Après des cris d'équipe à faire pâlir d'envie les scouts, nous faisons un rapide bilan du week-end, lançons quelques bans pour remercier qui de droit, et exprimer notre joie. Puis nous saluons avant de rentrer chacune chez soi.
Et maintenant, l'heure des témoignages est venue : raconter ce que nous avons vécu à nos parents, nos familles, nos amis. Leur faire partager un peu de ce qu'ils n'ont pas eu la chance de vivre.Leur donner envie de vivre à leur tour cette formdable expérience du Scoutisme, et surtout de la Chrétienté.